Dans mon pays, le GABON, il y a une épidémie "à la mode" comme on aime le dire ici, il s'agit du Chikoungunya.
Par définition, le Chikungunya est une maladie due à un virus transmis par les moustiques. Le nom de cette maladie transmissible à l’homme signifie en Souhaéli « marcher courbé », décrivant ainsi l’attitude des personnes atteintes par le virus. La maladie a été décrite principalement en Afrique, en Asie du sud-est, en Inde, en Indonésie et au Pakistan. Elle se manifeste surtout pendant la saison des pluies quand la concentration de moustiques est la plus forte. Toutefois, il est bon de noter que le Chikungunya est une maladie virale non mortelle mais les séquelles peuvent être importantes.
Selon l'OMS, le Chikungunya est une maladie dite dengue-like, c’est-à-dire qu'elle ressemble beaucoup à la dengue (douleurs musculaires et articulaires, forte fièvre, éruption sur la peau...). Elle se déclare généralement par une très forte fièvre, parfois au-delà des 40°C, durant environ 3 jours. Cette fièvre est suivie d'une éruption de boutons et de courbatures très douloureuses, ainsi que de vives douleurs des articulations clouant le malade au lit. Les enfants ne présentent que rarement ces douleurs articulaires. Chez eux le Chikungunya se traduit comme une simple grippe.
Depuis l’apparition de l’épidémie de Chikungunya au Gabon, plus de 7.800 cas ont été recensés à ce jour dont 2.000 à Libreville pour cette semaine seulement. Selon le personnel soignant hospitalier de Libreville et les autorités sanitaires, l’épidémie prend des proportions alarmantes. La lutte anti-vectorielle contre le vecteur du Chikungunya au Gabon constitue le principal moyen de prévention, mais depuis le début de la semaine, les autorités sanitaires ont montré leurs limites.
Précisons que l’environnement et le climat sont des facteurs qui favorisent la propagation du virus au même titre que celui du paludisme. Heureusement et malgré sa rapide propagation, la maladie n’a fait aucun décès pour l’instant. En attendant, les autorités gabonaises entament une opération de désinsectisation des quartiers touchés par l’épidémie afin de l’éradiquer. L’opération devra durer une année.
Pour l’instant, il n’existe aucun traitement ni aucun vaccin pour lutter contre le virus. Le seul traitement prescrit dans ce cas est avant tout symptomatique reposant sur la prise d’antalgiques et d’anti-inflammatoires non stéroïdiens. Ainsi, la seule véritable prévention à ce jour consiste donc à combattre la reproduction et la prolifération des moustiques par élimination des gîtes larvaires d'eau stagnante ainsi que tout récipient susceptible de retenir les eaux de pluie (pots de fleurs, pneus usagers, gouttières de toit, etc…). La lutte contre la maladie passe aussi par l’application de traitements larvicides si la suppression de ses sources se révèle impossible. En ce qui concerne les habitats, l’utilisation d’insecticides et l’installation de moustiquaires sont indispensables.